Mister IAL'Observatoire
La lettre · N° 4

Le vendredi, 21 % de messages en moins à l'IA que le mercredi

Dimanche 4 octobre 2026 · 7 minutes de lecture

Sur les 10 000 licences que nous gérons, le mercredi est le jour où l'on écrit le plus à l'IA, le vendredi celui où l'on écrit le moins, et 7,4 % des messages partent le week-end. Et aussi cette semaine : une TPE‑PME sur 20 seulement a payé une formation à l'IA, les quatre profils de salariés face à l'IA selon PwC, les skills six fois plus utilisées dans les entreprises les plus avancées, et notre nouvelle rubrique, la question sécurité de la semaine.

01 · France

Baromètre France Num : une TPE‑PME sur 20 a payé une formation à l'IA

Le baromètre France Num, publié le 28 septembre par la Direction générale des entreprises auprès de plus de 9 600 TPE et PME, mesure un vrai décollage : 40 % des TPE‑PME utilisent l'IA, 14 points de plus qu'en 2025, et 53 % des PME. Une sur cinq paie déjà une solution (19 %, et 32 % des PME).

Le baromètre demande aussi à chaque entreprise ce qu'elle a déjà payé pour l'IA. 17 % des TPE‑PME ont payé des abonnements ou des licences. Seulement 5 %, soit une sur 20, ont payé une formation. 3 % ont fait développer un outil sur mesure, 2 % ont pris du conseil. Ces chiffres ne sont pas une répartition du budget : chacun est la part des entreprises qui ont payé pour ce poste, et une même entreprise peut en avoir payé plusieurs. Il y a donc trois fois plus d'entreprises qui paient un outil que d'entreprises qui paient une formation.

Celles qui paient sont aussi les plus satisfaites : 68 % des entreprises qui utilisent l'IA jugent son effet positif, et 84 % parmi celles qui paient une solution. Cela ne prouve pas que payer suffit : les entreprises qui paient sont souvent celles qui avaient déjà trouvé un usage.

Nous pensons que s'équiper sans former est une erreur : un abonnement ne dit pas quoi demander à l'IA dans son métier. Sans formation, l'IA sert surtout à corriger un texte et à faire une recherche, comme le montrait l'étude Greenworking la semaine dernière.

Part des TPE-PME qui ont déjà payé pour chaque poste lié à l'IA (baromètre France Num 2026) : abonnements et licences 17 %, formation 5 %, développement sur mesure 3 %, conseil et prestations 2 %

Sources : Baromètre France Num 2026 : le numérique et l'intelligence artificielle dans les TPE et PME, Direction générale des entreprises, publié le 28 septembre 2026 ; plus de 9 600 TPE et PME interrogées ; part des entreprises qui déclarent chaque type de dépense pour l'IA. Déclaratif. Fiabilité A. · communiqué du ministère, 28 septembre 2026.

02 · 48 pays

Étude PwC : les quatre profils de salariés face à l'IA

PwC a interrogé 49 364 salariés dans 48 pays en mai et juin 2026. L'usage progresse vite : 64 % ont utilisé l'IA au travail dans l'année, 10 points de plus qu'en 2025, et 22 % s'en servent chaque jour, contre 14 % un an plus tôt. Mais l'étude propose surtout une grille utile à tout DRH : quatre profils de salariés, classés selon ce que l'IA leur apporte et selon la rareté de leurs compétences.

Les front-runners (14 % des salariés) ont des compétences rares et tirent beaucoup de l'IA : la moitié s'en sert tous les jours. Les AI insurgents (18 %) ont des compétences moins rares, mais utilisent l'IA pour en faire plus. Les indispensables (11 %) ont une expertise rare et touchent peu à l'IA. Reste l'engine room, la « salle des machines » : 56 % des salariés, ceux qui font tourner l'entreprise au quotidien, dont seuls 11 % utilisent l'IA chaque jour.

Les écarts sont nets. 84 % des front-runners disent pouvoir organiser leur travail comme ils le souhaitent, contre 45 % dans l'engine room. 82 % font confiance à leur manager, contre 40 %. Près de 80 % ont accès aux formations dont ils ont besoin, contre moins de 40 %. Et leur entreprise récompense presque deux fois plus souvent le bon usage de l'IA.

Les front-runners ont aussi des compétences rares, donc plus de latitude : l'IA n'explique pas tout. Mais pour un DRH, le signal est double : la majorité des salariés reste loin de l'IA, et l'accès à la formation recule (51 % des salariés, contre 59 % l'an dernier). PwC conseille de ne pas traiter tous les profils de la même façon, et de dégager du temps pour apprendre plutôt que de l'ajouter à la charge de travail.

Part des salariés qui peuvent organiser leur travail comme ils le souhaitent, selon leur profil (PwC, 2026) : ensemble 57 %, engine room 45 %, AI insurgents 64 %, indispensables 74 %, front-runners 84 %

Source : PwC, Global Workforce Hopes and Fears Survey 2026, publié le 29 septembre 2026 ; 49 364 salariés, 48 pays et régions, 29 secteurs, mai et juin 2026 ; parts des profils intermédiaires (18 % et 11 %) reprises par The Next Web et ITPro. Déclaratif. Fiabilité B.

Le chiffre de la semaine
6fois plus

Dans les entreprises qui utilisent le plus l'IA, les salariés se servent six fois plus des skills que dans une entreprise « typique » : 19 % des utilisateurs actifs chaque semaine, contre 3 %. Chez OpenAI, c'est 93 %. Une skill, c'est une consigne enregistrée que l'IA réutilise à la demande : la façon de rédiger un compte rendu, de relire un contrat ou de préparer une offre. Plus on utilise l'IA, plus on se sert de ces fonctions avancées, et l'écart se creuse : les entreprises les plus avancées font produire à l'IA 8,3 fois plus de texte par utilisateur que les entreprises typiques, contre 2,6 fois en janvier.

Source : OpenAI, Signals, « Enterprise signals: What frontier firms are doing differently », mis à jour le 12 août 2026 ; plus de 10 millions de messages de la clientèle entreprise d'OpenAI ; entreprises les plus avancées = les 10 % qui utilisent le plus l'IA chaque mois. Données d'usage d'un éditeur. Fiabilité B.
03 · Panel Mister IA

Le vendredi, nos clients envoient moins de messages à l'IA

Mister IA gère pour ses clients plus de 10 000 licences Claude et ChatGPT. Nous avons regardé quel jour de la semaine partent les messages envoyés à l'IA depuis le début de l'année 2026. La semaine monte jusqu'au mercredi, le jour le plus chargé avec 20,1 % des messages, puis redescend.

Le vendredi décroche : 15,9 % des messages, soit 21 % de moins que le mercredi, et 14 % de moins qu'un jour ouvré moyen. Nos données ne disent pas pourquoi. On peut penser à des journées plus courtes ou à des tâches différentes en fin de semaine, mais nous ne pouvons pas le vérifier.

Le week-end, l'usage ne s'arrête pas : 7,4 % des messages partent le samedi (3,5 %) ou le dimanche (3,9 %), un peu plus le dimanche. Ces outils sont fournis par l'entreprise. Soit des salariés s'en servent pour leurs affaires personnelles, soit ils travaillent le week-end : nous ne pouvons pas faire la différence, et ce n'est pas forcément un problème.

Part des messages envoyés à l'IA selon le jour de la semaine, Panel Mister IA : lundi 18,8 %, mardi 19,6 %, mercredi 20,1 %, jeudi 18,2 %, vendredi 15,9 %, samedi 3,5 %, dimanche 3,9 %

Source : Panel Mister IA, plus de 10 000 licences Claude et ChatGPT gérées par Mister IA pour ses clients ; part des messages envoyés chaque jour de la semaine depuis janvier 2026, calculée sur 168 créneaux horaires. Données d'usage mesurées.

La question sécurité de la semaine

Nos équipes utilisent l'IA : sommes-nous déjà concernés par l'AI Act ?

Oui. L'AI Act, le règlement européen sur l'intelligence artificielle, ne vise pas seulement ceux qui fabriquent des outils d'IA : il s'applique aussi aux entreprises qui s'en servent. Et beaucoup l'ignorent : selon le baromètre de l'ESSCA et de Forvis Mazars, mené en mars 2026 auprès de 826 professionnels de l'informatique et du numérique dans quatre pays européens, dont la France, seuls 28 % connaissent bien l'AI Act, autant qu'en 2024 (29 %). Et 56 % des entreprises n'ont pas écrit de règles éthiques sur l'IA, alors que 66 % constatent des usages non autorisés et que 35 % utilisent déjà des agents.

Ce qui s'applique déjà : depuis février 2025, certains usages sont interdits, comme déduire les émotions des salariés, et l'entreprise doit prendre des mesures pour que son personnel maîtrise l'IA (une obligation assouplie en juillet 2026, mais maintenue). Et les outils qui servent à recruter, à évaluer ou à répartir le travail des salariés seront classés à haut risque, avec des obligations à partir du 2 décembre 2027.

Le geste à faire
Faire la liste des outils d'IA utilisés dans l'entreprise, y compris ceux que personne n'a autorisés, et repérer ceux qui servent à recruter ou à évaluer les salariés.

Sources : ESSCA (institut AI for Sustainability) et Forvis Mazars, Baromètre IA 2026 Entreprise et Durabilité, publié le 1er octobre 2026 ; 826 professionnels de l'informatique et du numérique en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne, mars 2026. Déclaratif. Fiabilité B. · règlement (UE) 2024/1689 sur l'IA (AI Act), articles 4, 5 et 26, annexe III. · règlement (UE) 2026/1744 (omnibus numérique sur l'IA), Journal officiel de l'UE du 24 juillet 2026.

À retenir cette semaine
  1. 01Une TPE‑PME sur 20 a payé une formation à l'IA, contre 17 % qui paient un abonnement : les entreprises s'équipent trois fois plus qu'elles ne forment.
  2. 0256 % des salariés forment l'engine room de PwC : peu d'IA, peu de formation, moins de confiance. Les front-runners, 14 %, organisent bien plus librement leur travail.
  3. 03Chez nos clients, le mercredi est le jour où l'on envoie le plus de messages à l'IA, le vendredi celui où l'on en envoie le moins (21 % de moins). Le week-end pèse 7,4 % des messages.
  4. ?Seuls 28 % des professionnels du numérique connaissent bien l'AI Act, autant qu'en 2024, alors qu'une entreprise qui utilise l'IA a déjà des obligations.