Mister IAL'Observatoire
La lettre · N° 3

Non, les Américains ne sont pas les champions de l'IA

Dimanche 27 septembre 2026 · 6 minutes de lecture

Aux États-Unis, 22,8 % des adultes utilisent l'IA chaque jour : moins qu'au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Chine, et moins que dans tous les autres pays riches. Et aussi cette semaine : en France, l'IA sert d'abord à écrire et à chercher, près d'un utilisateur américain sur trois gagne trois heures par semaine, et 84 % des DSI voient les salariés créer des agents plus vite qu'ils ne peuvent les encadrer.

01 · France

Étude Greenworking : en France, l'IA sert d'abord à écrire et à chercher

Ipsos bva a interrogé pour Greenworking 1 100 salariés du privé, hors ouvriers, du 12 au 25 mai 2026. 73 % d'entre eux utilisent l'IA générative au travail, dix points de plus qu'en 2025. Et ils s'en servent d'abord pour écrire et chercher : rédiger ou corriger un texte (53 % des utilisateurs), faire une recherche sur un sujet précis (47 %), traduire (43 %), résumer un texte ou des données (43 %).

Ces usages de base progressent encore : la recherche gagne 4 points en un an, le résumé 9. Pour beaucoup de salariés, l'IA remplace le moteur de recherche et le correcteur d'orthographe. Les usages plus avancés viennent derrière, même s'ils avancent vite : analyser ou structurer des données (33 %, 8 points de plus qu'en 2025), écrire des formules dans un tableur (33 %), préparer une présentation ou un rapport (23 %). Seuls 18 % ont déjà confié plusieurs tâches à la fois à un agent IA.

Le cadre suit : 45 % des salariés disent que leur entreprise a officiellement déployé une solution d'IA, 9 points de plus qu'en 2025. Mais seuls 37 % des utilisateurs s'en tiennent toujours aux outils autorisés. Avoir un outil ne suffit pas : pour aller au-delà du texte et de la recherche, il faut apprendre à s'en servir dans son propre métier.

Usages de l'IA au travail en France, en % des salariés utilisateurs (Ipsos bva pour Greenworking, mai 2026) : rédiger ou corriger des textes 53 %, faire des recherches 47 % (+4 points depuis 2025), traduire 43 % (+2), résumer un texte ou des données 43 % (+9), analyser ou structurer des données 33 % (+8), écrire des formules dans un tableur 33 % (+5), trouver des idées 27 % (+6), confier plusieurs tâches à un agent IA 18 %

Source : Ipsos bva pour Greenworking, Observatoire de l'intelligence artificielle au travail, vague 2, publié le 23 septembre 2026 ; 1 100 salariés du privé hors ouvriers (dont 474 managers), en ligne, quotas, du 12 au 25 mai 2026 ; usages en % des 73 % qui utilisent l'IA au travail, comparés à la vague de mai 2025. Déclaratif. Fiabilité B.

02 · 37 pays

Non, les Américains ne sont pas les champions de l'IA

Gallup a interrogé, avec Microsoft, environ 1 000 personnes de 15 ans et plus dans chacun de 37 pays, d'avril à juillet 2026, sur leur usage de l'IA au travail ou dans leur vie personnelle. Singapour arrive en tête : 46 % des adultes s'en servent chaque jour. Suivent Israël (37 %) et la Chine (36 %). Les États-Unis ne sont que 14es, avec 22,8 % d'utilisateurs quotidiens, derrière le Royaume-Uni (28,5 %), les Pays-Bas (29,5 %) ou la République tchèque (29,7 %).

Nous avons rapproché ces chiffres du PIB par habitant de chaque pays (Banque mondiale, 2025). Le lien est net : plus un pays est riche, plus on y utilise l'IA chaque jour. Mais les États-Unis restent nettement en dessous de ce que leur richesse laisse attendre, environ 32 %. Surtout, parmi les pays riches, c'est chez eux qu'on utilise le moins l'IA : sur les neuf pays de l'étude où le PIB dépasse 40 000 dollars par habitant, ils arrivent derniers, derrière l'Irlande (24,9 %) et le Royaume-Uni (28,5 %). La Chine fait l'inverse : avec 14 000 dollars par habitant, elle compte 35,5 % d'utilisateurs quotidiens, 14 points de plus que ce que sa richesse laisse attendre.

Les Américains ne boudent pas l'IA pour autant : 68 % s'en servent au moins une fois par mois, presque autant qu'en Chine (70 %). Mais beaucoup l'utilisent rarement : 23,5 % une fois par mois ou moins, la part la plus élevée des 37 pays. Ils sont aussi les plus inquiets : 74 % de ceux qui connaissent l'IA disent qu'elle les inquiète, le record de l'étude.

Nuage de points : part des adultes qui utilisent l'IA chaque jour (Gallup, avril-juillet 2026) et PIB par habitant 2025 (Banque mondiale), 31 pays. Plus un pays est riche, plus l'usage quotidien est élevé (corrélation 0,77). Les États-Unis (22,8 %, 90 000 dollars par habitant) sont en dessous de la tendance et derniers des neuf pays à plus de 40 000 dollars par habitant ; la Chine (35,5 %, 14 000 dollars) et Singapour (45,9 %) au-dessus.

Sources : Gallup avec Microsoft, « AI Optimism Globally Widespread Despite Uneven Use », 22 septembre 2026 ; environ 1 000 adultes de 15 ans et plus par pays, 37 pays, téléphone, face-à-face ou en ligne, avril à juillet 2026 ; usage pour le travail ou à titre personnel. Fiabilité B+. · Banque mondiale, PIB par habitant 2025 en dollars courants, mise à jour de juillet 2026. Rapprochement et corrélation (0,77 sur les 31 premiers pays, PIB en échelle logarithmique) calculés par l'Observatoire Mister IA.

Le chiffre de la semaine
84%

C'est la part des DSI qui disent que les salariés de leur entreprise créent des agents IA plus vite que la DSI ne peut les encadrer. Aux États-Unis, ils sont 94 %. Et 81 % reconnaissent ne pas avoir une vue complète des agents créés en dehors des outils autorisés. Un agent IA, c'est un assistant qui enchaîne des tâches seul : trier des demandes, remplir un tableau, relancer un client. Après l'IA utilisée en cachette, voici les agents créés en cachette, et les DSI courent derrière. Réserve : le sondage est commandé par un éditeur de plateformes d'agents.

Source : Dataiku, « Global AI Confessions Report: CIO Edition 2026 », 24 septembre 2026 ; sondage Harris Poll auprès de 685 DSI (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Émirats arabes unis, Japon, Corée du Sud, Singapour), du 9 au 29 juillet 2026 ; commanditaire éditeur de plateformes d'agents. Fiabilité C+.
03 · États-Unis

Près d'un utilisateur américain sur trois gagne trois heures par semaine grâce à l'IA

En mars 2026, le Census Bureau, l'institut statistique américain, a posé une question simple aux travailleurs qui avaient utilisé l'IA au travail la semaine précédente : combien d'heures en plus vous aurait-il fallu pour finir votre travail sans elle ? Un quart répondent moins d'une heure, 31 % une à deux heures, et 30 % trois heures ou plus : 15 % entre trois et quatre heures, 15 % plus de quatre heures.

Trois heures par semaine, c'est 36 minutes par jour de travail. Plus de quatre heures, c'est plus de 48 minutes par jour : pour 15 % des utilisateurs, l'heure gagnée chaque jour est presque atteinte. À l'autre bout, 10 % ne gagnent rien, et 4 % disent même avoir perdu du temps.

Le gain reste inégal : pour plus de la moitié des utilisateurs, il tient en deux heures par semaine au plus. Et l'usage n'est pas encore quotidien : 56 % des travailleurs américains ont déjà utilisé l'IA pour au moins une tâche, mais seuls 24 % de ces utilisateurs s'en sont servis tous les jours la semaine précédente. Les usages les plus fréquents ressemblent à ceux des Français : chercher une information (37 % des travailleurs), rédiger (32 %), trouver des idées (32 %).

Temps gagné grâce à l'IA la semaine précédente, travailleurs américains qui l'ont utilisée au travail (Census Bureau, mars 2026) : ont perdu du temps 4 %, aucun gain 10 %, moins d'une heure 25 %, une à deux heures 31 %, trois à quatre heures 15 %, plus de quatre heures 15 %

Source : U.S. Census Bureau, « AI Use at Work », enquête Household Trends and Outlook Pulse Survey, article du 11 août 2026, chiffres révisés en septembre 2026 ; travailleurs américains, collecte du 13 au 30 mars 2026, en ligne ; temps gagné demandé aux travailleurs ayant utilisé l'IA au travail la semaine précédente. Statistique publique, déclaratif. Fiabilité A.

À retenir cette semaine
  1. 01En France, l'IA sert d'abord à écrire et à chercher : près d'un utilisateur sur deux s'en sert pour ça, et ces usages progressent encore. L'analyse de données et les agents restent minoritaires.
  2. 02Deux Américains sur trois ont essayé l'IA, mais ils s'en servent moins souvent que les Britanniques, les Néerlandais ou les Chinois. Parmi les pays riches, ils sont derniers pour l'usage quotidien.
  3. 03Près d'un utilisateur américain sur trois gagne trois heures ou plus par semaine grâce à l'IA, soit au moins 36 minutes par jour. Pour 15 %, le gain dépasse déjà 48 minutes par jour.